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habits (jin x seola)

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j.h. @ sial
Mar 24 Avr - 23:04



Swim with me I think I could see the beach Just don't look underneath us I need you here with me but we're out in the open

Le cœur tambourinait contre la poitrine. Se relevant, retombant, s'essoufflant comme un rideau emporté par le vent, tiré par le ciel...relié par des anneaux de métal à sa fenêtre morne. Les pieds chaussés de converses rouges, ayant enflammés les trottoirs grisâtres de la nocturne busan, les lumières artificielles projetant un regard coupable sur ses crimes de jeunesse. La suivant, entre ombres et projecteurs, suivant ses pas effarés, rapides, d'une démarche connue des éperdus de la nuit, des amoureux effarés...des fous aux sourires psychédéliques. Les mains dans les poches, tortillant le fil de ses écouteurs comme un chewing-gum collé sur une table, macérant dans sa crasse et son sucre, attendant de se fossiliser et de compter le récit d'un adolescent pseudo-rebelle claquant des bulles contre ses lèvres humides. La pâleur de ses genoux apparaissant timidement à travers les écorchures de son jean délavé, le t-shirt d'un groupe de punk méconnu lui tombant de l'épaule, la chemise pendant à sa taille, le prototype d'une jeune adulte oubliée dans la masse. Mais ses yeux, ô ses yeux, s'ils étaient perçu d'un amant malheureux, dessineraient des continents entiers. Du noir pour les souligner, du noir pour les approfondir, du blanc pour les attrister, du rouge pour les emporter...loin dans des rêveries fugaces, des diablotins malins baisant ses joues, les rosissant telle une prude à la virginité sanctifiée.
Seola s'époumonait, là-haut, hors de la ville, hors de son brouhaha et de ses yeux curieux. Hors de ses faces tirées, de ces visages qu'elle voulait parfois effacer, d'un trait ou deux. Elle n'haïssait jamais entièrement, seulement passionnément, avec cette qualité d'en perdre la mémoire. De revenir, un rictus, le battant nostalgique et les coins du regard embarrassés par du mascara désordonné. Puis de repartir, le rouge à lèvre lui tranchant la bouche, les poings balancés en l'air, hurlant contre des furies amères.
Seola s'étranglait. Là-haut. Le ventre noué, les poumons remontant à la surface d'un bain...et elle tentait de plonger entièrement son corps, là, dans ce bac d'eau...chaque soir...mais ses organes s'affolaient, se débattaient, son poids s'évaporait, et elle flottait. Désarticulée par la petitesse, soulevée par l'eau savonneuse, laiteuse.
Seola attendait. Du Marilyn Manson ravageant ses tympans, une rage endoctrinée dans son cerveau, par piqûres de guitares grondantes, par des paroles qu'elle pouvait réciter comme un psaume. Elle patientait, prenant son mal en patience, le vent enroulant ses doigts aériens autour de mèches de cheveux ébènes, larmoyant ses orbes, mordant ses pores. Elle avait, de ces figures romantiques, repris l'aura des tragédies, elle articulait leurs langages, personnifiait leurs paroles, et donnait vie à leurs sentiments. De la fatalité, elle n'en connaissait que les applaudissements des fins de spectacles où elle jouait les anti-héros face à son lycée. Du Lorenzaccio soulignant sa figure embrassée par les lueurs des théâtres, de l'Ophélia fleurissant à sa voix.
Puis elle se retourna, et sortant des ténèbres, deux yeux sauvages, criblés comme des balles de plomb. Arrangeant sa veste en cuir, elle releva le menton, l'air fier et ambitieux...elle connaissait les environs, avait choisi cet endroit pour avoir l'avantage de la familiarité, et la discrétion de la falaise. Elle connaissait ce milieu, où les envies et désirs virulents étaient semblables à des spores dans une forêts, éclipsant les besoins, éclipsant l'important...remplaçant le tout par débauche et illusion. Il fallait ressembler à un tough cookie, à rire face à une écorchure et hausser les épaules à chaque claquement de langue. Salut sortit-elle simplement, sans aucune superficialité, sans aucune royauté. Elle ne déballait aucune politesse aux rats des rues, elle les fréquentait que trop bien pour savoir ce qu'ils en faisaient, ce qu'ils en pensaient. Elle avait appris à lire la nuit, et la carte stellaire de leur visage. J'ai l'argent aujourd'hui. Sondant le personnage, elle continua sur sa lancée Donne moi ce que tu as pour 200 000 wons des "emprunts" dont elle n'était pas fière à la caisse du crude play, espérant qu'elle arriverait à combler le vide avant que les membres ne se posent des questions, avant qu'on ne cherche un coupable et qu'elle joue le rôle de la victime. Ça ne lui convenait jamais, elle avait toujours préféré les ambigus, les mystérieux...et à l'image de sa personne, c'étaient eux qui se sortaient vivants des tragédies.

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